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Rapport de la sous_commission n°3 sur le financement du développement rural (réalisé par Cécile LAPENU, CERISE)
jeudi 31 janvier 2008 par Audrey Negui
Un point sur la méthode
L’objectif de la sous-commission sur le financement du développement rural a été de valoriser les expériences sur ce thème des différents acteurs du Réseau français de la microfinance en vue d’établir des recommandations nécessaires à la définition des futures orientations stratégiques françaises sur ce thème. Cette étude est une synthèse d’expériences complétée de données bibliographiques récentes produites sur le thème du financement rural. A l’heure actuelle, il n’existe que peu de données fiables, complètes, comparables sur le financement rural et agricole ; par ailleurs, l’intervention rurale s’insère dans des contextes diversifiés. Ces éléments font que la présente synthèse porte plutôt sur une analyse des tendances et des perspectives que sur des conclusions chiffrées et définitives sur la situation du financement rural.
Résumé exécutif :
Les spécificités du financement rural S’il est nécessaire de souligner les contraintes des zones rurales (distance, faible densité, peu d’infrastructures, etc.) et celles de la production agricole (saisonnalité des productions et des revenus, risques agro-climatiques, variations des cours mondiaux), on peut également relever qu’aujourd’hui, le contexte est plus favorable au secteur rural et agricole (hausse des cours des produits agricoles, en particulier) et une attention nouvelle est portée à ce secteur (cf. le Rapport sur le développement dans le monde 2008) : trop longtemps oublié, il constitue pourtant un secteur clé du développement et de nouvelles perspectives se dessinent face aux enjeux de croissance démographique, de création d’emploi et de gestion des ressources naturelles.
Évolution de l’appui au système financier rural
Les approches du « tout Etat » dans les années 60-70 et celle des « marchés financiers ruraux » dans les années 80 ont montré leurs limites face aux défaillances de l’Etat d’une part, et du marché de l’autre. On cherche à développer aujourd’hui des approches pragmatiques, des synergies et complémentarités entre acteurs diversifiés, s’appuyant en particulier sur des partenariats Publics-Privés et la définition de nouvelles politiques publiques. Il s’agit alors de construire des alliances stratégiques pour sécuriser les services financiers et favoriser leur accès par les acteurs ruraux.
Deux entrées pour la finance rurale
On observe aujourd’hui que le développement de l’accès aux services financiers peut passer, en zone rurale, par deux entrées majeures : 1) le secteur financier (IMF, coopératives, banques) qui offre une gamme potentielle diversifiée et pérenne de services et peut recourir à des ressources externes ; 2) les filières de production (value chain pour les anglo-saxons) qui proposent aux producteurs des services financiers grâce à des contacts personnalisés, des garanties intégrées et parfois des formes d’assistance technique. Pourtant, la gamme proposée est souvent réduite et focalisée sur une production.
Dans ce contexte, quels sont les enjeux et les recommandations identifiés pour les différents acteurs afin de favoriser le financement du monde rural ?
Enjeux et recommandations pour les IMF et leurs réseaux
Les IMF peuvent chercher à se différencier, à fidéliser leur clientèle, à attirer des investissements et à travailler dans des zones où la concurrence est plus faible. Pour cela, elles voudront diversifier leurs services et adopter des innovations en finance rurale, proposer des services à de nouveaux acteurs (Organisations professionnelles, leurs membres, entrepreneurs ruraux, etc.), renforcer leur gouvernance (vision, RH, SIG, participation des clients), renforcer leurs capacités pour diversifier les services (information, guides méthodologiques, assistance technique) ; construire des synergies avec d’autres acteurs/secteurs (ex : Danone et Grameen Bank / liens avec banques commerciales)
Enjeux et recommandations pour les ONG d’appui
Dans un secteur en profonde évolution, les ONG doivent rester innovantes et s’assurer de l’efficacité de leur intervention. Pour cela, elles doivent anticiper les nouvelles demandes et poursuivre dans les innovations rurales (NTI, transferts, formes de garanties, etc.), construire des synergies avec les nouveaux acteurs (OP, banques, acteurs de la décentralisation, etc.), consolider les IMF intermédiaires, renforcer les capacités locales des réseaux.
Enjeux et recommandations pour les bailleurs
Les bailleurs doivent pouvoir répondre aux enjeux de développement du secteur rural. Il faut alors s’assurer que le secteur rural, et son financement en particulier, soit un axe stratégique de leur action. Les bailleurs peuvent soutenir la diversité des approches et des IMF, appuyer l’innovation (recherche, adoption, diffusion), promouvoir le renforcement du secteur (gouvernance, faîtières, OP, etc.) et l’appui des services non financiers, promouvoir des cadres réglementaires spécifiques prenant en compte les conditions du financement rural.
Enjeux et recommandations pour les banques et investisseurs
Banques et investisseurs veulent sécuriser leurs investissements tout en diversifiant leurs encours. Ils peuvent alors construire des partenariats publics ou avec la « société civile » (ONG, OP, filières, etc.) pour sécuriser leurs financements (garanties, assistance technique, débouchés, etc.) et diffuser l’information et les « bonnes pratiques » auprès de leurs filiales pour coordonner leurs actions, organiser et guider des interventions efficaces en faveur des zones rurales.
Enjeux et recommandations pour les acteurs du secteur rural (OP, acteurs des filières)
Les acteurs des filières cherchent à favoriser l’accès de leurs membres à une gamme complète de services tout en assurant la qualité et la sécurisation de l’approvisionnement et des débouchés au sein des filières de production. Ces acteurs doivent chercher à renforcer leur gouvernance, à construire des partenariats avec les IMF et banques mieux à même, le plus souvent, d’apporter des services financiers pérennes, à développer l’appui technique et la production contractuelle qui sécurisent les producteurs.
Enjeux et recommandations pour les gouvernements
Au niveau des Etats, il s’agit de renforcer le secteur rural en réduisant les risques et en limitant les coûts. Pour cela, les gouvernements peuvent inciter au développement des services financiers ruraux (fiscalité, réglementation, etc.), développer des infrastructures, renforcer les ressources humaines (formation, incitations pour travailler en zones rurales), et construire des politiques publiques qui prennent en compte la place des subventions pour le secteur rural (intrants, infrastructures, prix, bonification ?).
Perspectives au niveau du RFM
Les suites de ce travail peuvent s’envisager, en coordination avec la Fondation FARM, pour appuyer la construction d’alliances (guides méthodologiques et « bonnes pratiques » d’intervention pour les banques, les OP, les acteurs des filières, etc.), travailler sur la place et le rôle des fonds de garanties, de l’appui aux services non financiers, appuyer le développement des innovations (expérimentation et diffusion, aide à l’adoption), aider au renforcement des IMF intermédiaires (gouvernance, ressources humaines, SIG), et accompagner la réflexion autour des politiques publiques
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